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SIES Syndicat indépendant de l'Enseignement du
second degré
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Note sur la situation des Titulaires
remplaçants TZR |
Note sur la situation des Titulaires remplaçants TZR
1) Alors qu'à l'origine les Titulaires remplaçants étaient "
volontaires" et ne pouvaient, de ce fait, qu'accepter les conditions d'exercice
liées au remplacement, la majorité des TZR actuels sont des "remplaçants par
défaut", des "malgré nous " se voyant imposer des conditions de travail qu'ils
subissent par nécessité.
2) Il est patent que ces conditions de travail n'ont cessé de se dégrader, sous
une forme de précarisation, en mettant un grand nombre de ces TZR " contraints"
dans des situations professionnelles, financières et personnelles de plus en
plus difficiles pour exercer sereinement et convenablement , dans l'intérêt des
élèves et du service public, la mission qui leur est assignée.
3) Ces conditions d'exercice sont régies par le décret et la note de service de
1999 qui permettent des affectations en remplacements occasionnels ( REP ) en
"zone limitrophe". Dans de nombreuses académies, les ZR ayant été
géographiquement élargies , cela conduit souvent à des affectations très
lointaines ( jusqu'à 200 km ), hors de vœux des intéressés, leur posant de
graves problèmes.
4) Les recteurs prononcent aussi des nominations à l'année ( AFA ) en zone
limitrophe, hors des vœux des intéressés, loin de leur établissement de
rattachement et de leur domicile, impliquant de très lourds frais de déplacement
à leur charge, car ces affectations n'ouvrent pas droit aux ISSR ( indemnités de
sujétion ), et des temps de trajet journaliers pesant, au delà de leur budget,
sur leur santé et leur vie personnelle.
Or il est désormais acquis par une jurisprudence du Tribunal administratif
d'Amiens ( 2005 , contentieux n° 0202496 ) qu'une affectation à l'année en zone
limitrophe n'est pas conforme au décret et à la note de service.
5) C'est aussi le cas des nominations à l'année ( AFA ) , de plus en plus
fréquentes, sur des "services partagés" ( entendons, dans la plupart des cas,
sur des couplages de BMP , parfois de 2 ou 3 heures ) sur 2 ou 3, voire 4
établissements, non systématiquement voisins, impliquant de constants
déplacements, sans ISSR , et parfois même sans aucune décharge au titre
d'exercice en établissements en communes non limitrophes pour cause de "sous
service" d'une ou plusieurs heures ! Cela souvent avec des emplois du temps
incompatibles avec l'utilisation des transports en commun, étant acquis que nul
ne peut être contraint d'avoir un véhicule personnel, et s'il en a un, de
l'utiliser .
6) C'est également le cas pour des affectations , de plus en plus courantes, sur
des remplacements occasionnels ( REP) en services incomplets, avec appel à
compléter dans un autre établissement, dans des conditions d'emploi du temps
problématiques tant pour les TZR que pour l'administration des établissements
devant "aménager" provisoirement les services pour les rendre compatibles.
7) Se pose aussi le problème des ISSR versées de manière différente selon les
académies, avec le projet de proratisation pour les services incomplets. En
règle générale le paiement est effectué sur la base des jours effectifs de
travail inscrits à l'emploi du temps des élèves, méconnaissant ainsi la
nécessité pour les TZR d'être présents des jours non inscrits à cet emploi du
temps ( donc sans ISSR ) pour des réunions obligatoires ( conseils de classe,
réunions parents - professeurs, réunions pédagogiques diverses pour travail
d'équipe …). Comment concilier cette présence obligatoire ( au risque, en cas
d'absence, d'une retenue sur traitement pour service non fait ) et le non
paiement d' ISSR pour les jours concernés quand le déplacement s'impose ?
8) Par ailleurs les ISSR sont souvent payées avec retard et sans décompte précis
des sommes versées, ce qui à l'ère de l'informatique est pour le moins
surprenant.
9) On constate enfin que dans la plupart des académies le choix des TZR, entre
"service à l'année" et "remplacements occasionnels" , est de moins en moins
respecté , la priorité étant donnée aux affectations à l'année (AFA ) au
prétexte qu'elles seraient "plus intéressantes" pour les TZR, fût-ce contre leur
choix !
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Pour tous ces motifs, nous
sollicitons…
1) L'attribution d'indemnités pour tous les TZR , sous forme d'ISSR généralisées
aux affectations à l'année, ou d'un chèque-transport, et l'application du décret
2006-781 du 3 juillet 2006 pour les remboursements des frais de déplacements des
TZR ainsi que des personnels titulaires en établissement devant effectuer un
complément de service dans un autre établissement
2) La transparence dans le paiement des ISSR : décompte détaillé et paiement dès
le premier mois
3) La non proratisation des ISSR, car on ne saurait pénaliser les TZR pour un
sous service dont ils ne seraient pas responsables
4) Le respect du choix du type de remplacement ( à l'année ou occasionnel )
sollicité par les TZR
5) Une consigne donnée aux recteurs de ne pas affecter des TZR à l'année en zone
limitrophe, sur la base de la jurisprudence du TA d'Amiens, sauf accord des
intéressés
6) La redéfinition des ZR pour éviter que, par le jeu des "zones limitrophes ",
des affectations à l'année ou en remplacements occasionnels n'entraînent des
déplacements par trop lointains, hors vœux, ou, si les ZR devaient être
maintenues, en prévoyant ces remplacements sur la base du volontariat et
d'indemnités en application du décret sus-mentionné 2006-781
7) La prise en compte, à la demande des intéressés, titulaires en poste fixe en
établissement devant assurer un complément de service et TZR nommés à l'année,
pour la confection des emplois du temps en cas de "services partagés" sur 2
établissements ,ou plus, des contraintes liées aux horaires des transports en
commun (cf. décret supra )
J.C. CRINCKET J.MILLE
Exemple réel évoqué lors de
l'audience. TZR à l'année en zone limitrophe.
M.B . Titulaire ZR NE13 , rattaché lycée Aix en Provence.
Nommé à la rentrée , à l'année, sur lycée Arles ( 18 h ) ZR limitrophe ( Ouest
13 ) , soit 95 km. Temps de trajet : 1 h 15
Pas de droit aux ISSR
Service sur 5 jours, commençant à 8 h.
Pas de liaison directe ( train ou bus ) par les transports en commun permettant
de joindre Aix à Arles pour être sur place à 8 h.
Enseignant en discipline technique, d'où nécessité d'être présent ( préparation
du matériel ) une demi-heure avant le début des cours
Impératif d'utiliser son véhicule personnel : 950 km par semaine + péage
autoroute. Aucune indemnité.
Temps de trajet à partir du domicile : 1 h 30 , d'où lever à 5 h, pour départ à
6 h et arrivée à Arles à 7 h 30. Retour en fin d'après-midi, et jusqu'à 21 h en
cas de réunions de fin de journée.
15 h de trajet pour 18 h de cours + temps de présence sur place ( environ 11 h )
: 44 h.
Temps pour préparer les cours ( classes et programmes nouveaux , au minimum une
demie heure pour une heure de cours, soit 9 h ) , corriger les copies ( en
moyenne 5 h par semaine ) : 14 h.
Total : 58 h .
Que reste-t-il à ce professeur TZR pour sa vie personnelle ?
Et tout cela sans aucune indemnité ?
A noter que l'on a essayé d'arranger la situation de ce professeur. Sans
résultat.
Ce professeur ne souhaite pas abandonner les élèves dont il a la charge depuis
le début de l'année, malgré les difficultés pour assurer son service, mais
apprécierait un aménagement d'emploi du temps et le paiement d'indemnités pour
les frais occasionnés par ses déplacements. On attend une solution … en cours,
paraît-il.
Ce cas est exemplaire… et loin d'être exceptionnel , de multiples témoignages
pouvant être fournis.
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