Contrats locaux d’accompagnement : une « expérimentation »

idéologiquement orientée avant une réforme de l’éducation prioritaire.

   

Décembre 2020

           

 

Le ministère a annoncé qu’une expérimentation visant à réformer le pilotage de l’éducation prioritaire serait réalisée durant l’année scolaire 2021-2022 dans trois académies (Aix-Marseille, Lille et Nantes).

La réforme de la carte de l’éducation prioritaire étant une nouvelle fois repoussée d’un an, la carte actuelle des REP et des REP+ est maintenue pour 2021-2022.

Le Contrat Local d’Accompagnement (CLA), d’une durée de trois ans, concernera initialement, dans le cadre de l’expérimentation, des établissements qui ne font pas partie de l’éducation prioritaire (établissements ruraux, écoles qui ne sont pas incluses dans un réseau, lycées généraux et technologiques et lycées professionnels). Cependant, les établissements faisant actuellement l’objet d’un accompagnement rectoral (lycées ex-ZEP) pourraient intégrer cette expérimentation.

La liste des établissements retenus pour faire l’objet d’un CLA, en fonction de leurs caractéristiques et du projet qu’ils auront présenté, sera connue en janvier 2021. Ce délai de quelques semaines est insuffisant pour que les professeurs puissent prendre une décision éclairée. En effet, le projet doit être déposé avant les vacances de Noël ou dans les premières semaines de janvier, sans aucune visibilité quant aux moyens alloués et aux contreparties éventuelles.

L’évaluation de cette expérimentation sera réalisée au printemps 2022, donc seulement au bout de six mois, ce qui discrédite d’emblée le dispositif. Le dispositif sera étendu, généralisé (notamment aux établissements REP) ou abandonné à la rentrée scolaire 2022.

Cette expérimentation reprend certaines préconisations du rapport Azéma - Mathiot « Mission territoires et réussite », publié en novembre 2019 (nous vous renvoyons à notre analyse). Comme souvent, les préconisations du rapport qui a été commandé vont dans le sens de la politique souhaitée. Il est malheureusement prévisible que l’évaluation de cette rapide expérimentation confirmera la pertinence des préconisations du rapport. CQFD.

Nathalie Elimas, secrétaire d’État chargée de l’éducation prioritaire, a indiqué que cette expérimentation se fera à moyens constants, l’enveloppe allouée aux académies expérimentatrices étant prélevée sur la « réserve nationale » du ministère via des ajustements, c’est à dire un redéploiement de moyens.

Le SIES est opposé à la logique de contractualisation et aux contreparties qui pourraient être demandées : augmentation du temps de présence dans l’établissement, modification des pratiques pédagogiques, entrave à la liberté pédagogique individuelle des professeurs, objectifs à atteindre etc.

Le SIES rappelle son opposition à la territorialisation de l’Éducation nationale et son attachement à une carte nationale de l’éducation prioritaire. Les difficultés auxquelles sont confrontés certains établissements ruraux isolés justifient qu’ils fassent l’objet d’une dotation en moyens supplémentaires et d’un dispositif adapté, mais dans un cadre national, sans contractualisation et sans contreparties.

 

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