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SIES Syndicat indépendant de l'Enseignement du
second degré
Audience avec le
ministère
Interlocuteur Monsieur ROY
Audience du 17 novembre
L'accueil a été cordial, l'entretien ouvert et détendu, et M. ROY nous a paru
très attentif aux propos que chaque membre de la délégation a tenus sur les
divers sujets abordés. Tous n'ayant pu l'être, il a été convenu de prolonger
cette audience par d'autres rendez vous et des courriers.
Mme Sylvianne CROON expose la création de la CAT-Education, dans le cadre de la
CAT, présente dans le secteur privé et s'ouvrant à la Fonction Publique ( Poste,
Police, Santé, Territoriaux … ).
Elle souligne l'indépendance de la CAT et pose le problème des subventions
attribuées à certaines organisations syndicales. Pour la CAT l'alternative est
simple : soit toutes les organisations perçoivent des subventions, soit aucune
n'en bénéficie. La CAT penche pour cette solution, en faisant valoir que les
sommes ainsi récupérées pourraient être employées à des fins plus utiles par l'
Education Nationale. M.Roy semble d'accord mais souligne que le problème relève
de la Fonction publique.
M. Denis ROYNARD évoque les aspects relatifs à la représentativité, en
particulier lors des élections professionnelles. La CAT-Education souhaite que
l'on adopte le principe d'attribution des sièges en ballottage au plus fort
reste ( et non à la plus forte moyenne ). Cela permettrait une meilleure
représentation de toutes les tendances, au lieu de renforcer le groupe
majoritaire. Ce qui est, par ailleurs, conforme à la volonté affichée d'un
dialogue social élargi.
M.Jacques MILLE rappelle le refus des listes du SIES aux élections
professionnelles de décembre 2005 et les conditions dans lesquelles ce refus a
été prononcé par le TA de Paris, bien au delà des délais fixés par la loi. M.Roy
ignorait ce fait et en a été surpris ; il n'a pas par ailleurs démenti que des
interventions aient été faites par d'autres syndicats pour inciter le Ministère
à déclarer " irrecevables " les listes du SIES.
Messieurs D.Roynard, J.Mille et Jean Claude CRINCKET ont ensuite abordé le
projet de modification des décrets de 1950, en partant du constat que depuis
cette date les professeurs n'avaient bénéficié d'aucune réduction de leur temps
de travail lors du passage aux 39 , puis aux 35 heures, alors que leur charge et
la pénibilité de leur travail n'avaient cessé d'augmenter. Le décret renforce
cette tendance., en particulier avec la limitation drastique de l'heure de
première chaire. A ce titre la CAT-Education ne peut que s'y opposer, comme les
autres organisations syndicales.
Pour autant la CAT-Education n'est pas hostile à une redéfinition des services
des enseignants, mais sur des bases claires et concertées.
On rappelle les propos du Premier ministre sur la réforme du droit du travail
qui ne saurait être conduite sans négociations ( cf. crise du CPE ) , or les
services des professeurs sont régis par leurs statuts qui sont assimilables,
pour la Fonction publique, au droit du travail. La CAT-Education pose donc comme
préalable l'abandon du projet de décret et demande l'ouverture de discussions
sur les modifications qui pourraient être apportées aux décrets de 1950.
M.Roy récuse l'idée qu'il n'y aurait pas eu concertation et discussions
préalablement à ce projet. Il en veut pour preuve les multiples enquêtes et
rapports qui ont été établis ces dernières années, sur lesquels se fondent les
modifications apportées par le décret. Pour lui , on a assez discuté, il faut
désormais agir.
Les intervenants rappellent les inquiétudes suscitées par la relative
imprécision de certains articles du décret, sur les compléments de service, soit
dans un autre établissement, soit dans une autre discipline ( que signifie " en
fonction des compétences" ? et qui décidera de ces "compétences ? ), sur les
heures dites " de vaisselle " , sur la disparition envisageable de l'UNSS et sur
les articles prévoyant d'inclure dans les services des enseignants des
"activités autres que d'enseignement".
A tout cela M.Roy a réponse : il pense nous rassurer d'abord sur l'heure de
vaisselle en disant qu'elle sera bien maintenue partout où il n'y aura aucun
personnel pouvant assurer la préparation et l'entretien du matériel en SVT et
Physique-Chimie.
Sur les compléments de service dans un autre établissement il estime qu'ils
doivent être limités et " intelligemment " réalisés pour permettre la
compatibilité des services. On lui fait remarquer que la réalité est loin d'être
aussi simple et que les compléments de service se sont considérablement
multipliés ces dernières années, par suite d'une gestion tatillonne des heures,
générant des situations difficiles pour les professeurs concernés par des
couplages aberrants, en ne tenant aucun compte des contraintes liées aux
déplacements et à l'utilisation des transports en commun. On lui rappelle les
termes du décret 2006-781 ( mettre le lien Internet avec ce décret ) qui vient
d'entrer en application à ce sujet.
M. Roy en convient , mais il pense que les chefs d'établissement sont à même de
résoudre ces problèmes. Nous ne partageons pas son optimisme. Cette situation le
conforte même dans l'idée que le décret pallie cette difficulté en proposant
d'assurer le complément de service dans l'établissement même , dans une autre
discipline, en fonction des " compétences " de l'intéressé, ou grâce à
l'existence de professeurs ayant la "mention complémentaire" (c'est à dire
bivalents) qui toucheront de plus une prime ( on préfèrerait le terme
d'indemnité ) pour ce faire.
Sur la notion de compétences et qui en décidera, M. Roy ne nous apporte guère de
réponse, et force est de constater la difficulté de consensus à ce sujet, ce qui
nous renforce dans notre idée d'un texte volontairement imprécis pouvant tout
permettre par interprétation, avec en particulier le rôle accru du chef
d'établissement avec les moyens de pression qui sont les siens, tels
qu'attribution des classes, emploi du temps , notation administrative…
JC Crincket aborde ensuite la situation des STG ( réforme en cours ), le droit à
la formation ( problèmes de remboursements ) , les questions relatives à la
violence et aux incivilités (cf. Mémento remis aux chefs d'établissement à la
rentrée : " Conduites à tenir en cas d'infractions en milieu scolaire " MEN DGES
juillet 2006 Erreur! Signet non défini.. fr ).
J. Mille évoque la situation des TZR , en particulier au regard des affectations
à l'année en zone limitrophe, sans indemnités, et un jugement du TA d'Amiens à
ce propos. M. Roy prend acte de ce jugement dont il n'avait pas connaissance et
convient qu'il peut avoir valeur jurisprudentielle. A partir de cas précis il
prend conscience des difficultés créées par cette situation, jugeant qu'elles
devraient être prises en considération. Un dossier lui sera adressé à ce sujet
(et sur la situation des TZR en général cf texte ci- après) et nous lui
demanderons d'adresser aux recteurs des consignes claires pour que soit respecté
la jurisprudence du TA d'Amiens.
Mme S.Croon termine l'audience par l'exposé des problèmes relatifs aux
infirmier(e)s en milieu scolaire.
M.Roy ayant des obligations horaires , tous les sujets n'ayant pu être
approfondis, voire abordés, l'entretien s'achève sur son invite à des rendez
vous à venir pour prolonger cette première audience de la CAT-Education.
Jacques MILLE